Œuvres
La Gravité des Racines
Comment s'en sortir sans sortir
Les racines nous ancrent. La gravité nous retient. Entre ces forces, nous trouvons à la fois stabilité et tension, connexion et pesanteur. Cette exposition est une réflexion sur cet équilibre, comment nous sommes attachés à nos origines, à l'histoire, à la terre, tout en étant continuellement influencés par des forces invisibles qui façonnent notre existence. Les œuvres présentées dans ces pages (peintures et installations sculpturales) explorent la relation entre l'ancrage et le mouvement, le passé et le présent, la permanence et le changement.
Dans mon processus de création, j'ai travaillé avec des matériaux qui évoquent ces forces — des tons terrestres, des textures organiques, des formes massives défiant la pesanteur, et d'autres plus légères qui semblent pourtant enracinées. Chaque pièce est une méditation sur l'appartenance, la résistance et l'abandon.
Cette série ne parle pas seulement de racines physiques ou d'attractions gravitationnelles, mais aussi des forces invisibles qui nous façonnent, qu'elles soient personnelles, culturelles ou élémentaires. Je vous invite à parcourir ces œuvres avec votre propre perception du poids et de l'ancrage — à ressentir ce qui vous retient et ce qui vous libère.
Mes racines sont profondes
Mes racines sont profondes
Dans une terre riche, ancrées,
D'histoires et de souvenirs enchevêtrées.
Elles plongent dans le passé,
S'entrelacent aux générations qui m'ont précédée
Et nourrissent mon présent actuel.
Elles portent en elles
La force de mes ancêtres —
Leurs traditions, espoirs et conflits.
Elles sont faites des voix de mes aïeux,
De leurs récits au coin du feu,
De leurs mains qui ont cultivé, protégé et bâti.
Elles sont imprégnées des paysages
Qui ont vu grandir ma famille,
Des parfums qui embaument les nuits,
Des chansons qui résonnent en mélodies.
Mes racines sont profondes
Mais elles ne m'emprisonnent pas.
Elles me donnent la force dans mes pas ;
La stabilité nécessaire en moi,
Pour explorer d'autres endroits
Sans jamais me perdre au-delà…
Car peu importe où je vais, je porte en moi
Cette terre, ces souvenirs, ces voies.
Et même si le vent de la vie
Me pousse très loin d'ici,
Je sais que mes racines enfouies
Resteront en ce lieu précis —
Me rappelant toujours
D'où je viens —
Qui je suis.
Temps perdu, Tant retrouvé
Temps perdu
Tant retrouvé —
Impossible de percer
Où il a commencé.
Son origine
Ses racines
Son identité…
Une fois c'est noir
Une autre c'est illuminé —
Mais souvent
il est trop vite passé.
Empreinte invisible
Nous marchons légers sur des chemins d'ombre,
Attirés malgré nous par un écho de pénombre,
Un fil sans nom qui nous relie et nous sombre,
Captifs d'une empreinte aux contours sans nombre.
Attachés à la terre comme au souffle du vent,
Nous portons l'empreinte que nul ne ressent,
Vestige d'un hier, murmure omniprésent,
Gravé sous la peau, silence marquant.
Elle guide nos pas sans jamais se montrer,
Trace ineffable sous nos âmes penchées,
Telle une racine sous l'écorce cachée,
Invisible force aux chaînes enlacées.
Pris par l'attirance de l'argile première,
Nous cherchons l'oubli dans l'ombre et la pierre —
Mais l'empreinte demeure subtile et entière,
Marquant nos âmes d'un sceau de lumière.
Envol sans Vol
Pouvoir s'envoler
Le temps d'une image
Au-dessus des nuages
Au-dessus des idées
Effacer les pensées ;
Pour un instant
Survoler le temps.
Sous l'ombre qui s'étend
Sous l'ombre qui s'étend,
La toile attend.
Une goutte s'élance.
C'est la gravité qui peint et qui danse.
Elle glisse frémissante,
S'étire en rivières,
Trace des éclairs,
S'éclate en éclats.
Chaque perle éclabousse,
Dessine des couches
D'un rêve de liquide
Aux reflets de lilas.
Elle peint sans pinceau,
Sans bruit ni chaos.
Elle sculpte et façonne,
Elle n'a besoin de personne
Pour dévoiler
Le secret
Que l'univers lui fredonne —
Elle crée sans fin
Un poème de satin.
Tourner en rond
Nous courons en cercles,
ivres d'un envol sans vol,
aspirant à l'ailleurs,
sans jamais quitter l'ici.
Fil sans fin
Le fil s'étire, tenu,
oscillant sous l'influence
de forces invisibles.
Mots de Maux
Les mots écrits par le temps ;
Pas de temps
Tant l'instant présent
Se repose
En pause.
On pose un futur compromis
Qu'on n'a pas promis.
Les mots des maux qu'on vit,
Des maux qu'on sent,
Des mots écrits en sang
Sans sortie !
Mais on s'en sort ;
Sort de vie infinie
Qui n'en finit
Jamais
Mais ne cesse de tourner
En tour à tour —
Saut vers les uns
Sauver les autres.
L'ombre qui sait
L'ombre qui sait veille, gardienne à l'abandon.
Intense transe de l'être paraître, écartelé entre l'ombre et des songes,
échos de nos résistances en devenir, hésitant entre être ou ne — la lumière.
Dans l'attente où tout se délasse,
L'ombre qui sait, murmure et passe.
Être ou ne Paraître
Sommes-nous faits et défaits ?
Imbibés de reflets ?
N'est-on qu'une réflexion
Sans affirmation ?
Que le temps enlace et plie
Perce du bout de ses minutes abolies.
Un espace qui passe
Sur une surface puis trépasse.
Les cassures deviennent fissures
Pour que tout nous rassure
L'espace d'une monture.
Transparences en transe
De révélations intenses.
Rayons en transparence
Rayons en transparence —
Danse de décadence.
On entend sans parler
Les mots se bousculer.
On essaie de ramasser
Nos pensées envolées,
Comme ces quelques moineaux restés
Qui répètent sans fin ;
Nos sentiments extrêmes
Pour s'oublier quand même.
Plus le silence est profond
Plus le silence est profond,
plus le bruit est fort.
Éternel enraciné
En chacun résonne un cri
Lié à la douleur d'une terre meurtrie.
C'est l'identité —
C'est l'existence —
C'est bien plus qu'une appartenance.
C'est les chocs qu'elle a subis et sa souffrance.
Elle naît en toi,
Et en elle tu prends vie.
— Randa Ali Ahmad

































De Pli en Pli
« Quand la vie est une forêt, chaque jour est un arbre. Quand la vie est un arbre, chaque jour est une branche. » — Jacques Prévert
Comme un poème de Prévert
Quand la vie est une branche, chaque jour est un échange.
Quand la vie est un échange, chaque jour est une différence.
Quand la vie est une différence, chaque jour est une nuance.
Quand la vie est une nuance, chaque jour est irisé.
Quand la vie est irisée, chaque jour est un reflet.
Quand la vie est un reflet, chaque jour est une image.
Quand la vie est une image, chaque jour est un voyage.
Quand la vie est un voyage, chaque jour est un passage.
Quand la vie est un passage, chaque jour est un chemin.
Quand la vie est un chemin, chaque jour mène loin.
— Randa Ali Ahmad
De Pli en Pli
Rouiller : Détériorer, corroder, ronger, devenir moins souple, perdre ses capacités.
Rendre Rouillé : Oxyder.
État Rouillé : État malsain.
Et c'est l'état des choses. Les fissures et les corrosions autour de nous, dans chaque coin, rappellent les débris éphémères des catastrophes accumulées et entassées.
L'inquiétude est devenue habituelle, ordinaire, dans notre monde. Comment peut-elle être comprise ? Comment peut-elle être justifiée ? Comment la rendre compréhensible ? Acceptable ? Comment joindre une partie à une autre tout en permettant leur mouvement relatif ?
Notre monde est composé de pleins de couches filtrées ; et ces filtres reflètent et font ressortir les multiples visages de notre état actuel. Tout ça se manifeste dans nos actes, notre façon de voir, d'écouter et de communiquer ; à travers des images, des objets, des mouvements… Notre manifestation physique et visuelle.
Vivre l'instant, profiter du moment
Sinon on est pris par le temps
On est rouillé instantanément.
C'est le moment présent —
Qui compte essentiellement
Pour vivre intensément.
— Randa Ali Ahmad









Plein Soleil
Plein Soleil — bulles, jasmin et lumière.
La vie n'est qu'un souffle
La vie n'est qu'un souffle
Un souffle éphémère.
Quand le souffle est bon,
La vie est légère
Et les choses deviennent douces…
Et elles t'éblouiront
Pour t'enivrer sans raison.
Le soleil, les étoiles autour de toi,
Le ciel et son éclat.
L'air, la mer
Et le verdoiement de la terre…
L'immortalité, tu vois,
N'est qu'un rêve, une fantaisie…
Et c'est près de l'eau et des fleurs,
Que j'ai mieux compris la vie.
— Randa Ali Ahmad





























Rising: The Only Way is Up
Rising — The Only Way is Up. S'élever.
Voir de l'autre côté
S'élever à la verticale…
Serait l'idéal…
Mais pourquoi monter,
Monter, toujours monter ?
Pourquoi ne pas…
Faire ce que les autres ne
S'autorisent pas ?
Pourquoi ne pas vivre un moment sur le palier…
Prendre le temps, et l'oublier…
S'asseoir et laisser passer…
Laisser passer tous ces gens trop occupés
À se bousculer, à monter
Les milliers de marches d'escaliers.
Marcher avec le vent, avec la terre, marcher…
Sur un terrain arboré…
Avec une joie de vivre et une indescriptible liberté…
Alors ces marches, je les descendrai
Et la grande porte je l'ouvrirai…
Et avec le vent je jouerai —
C'est que moi j'ai le choix
Que les autres n'ont pas…
Car je ne crains pas
De sortir du moule et des lois…
Penser différemment, serait-il insensé ?
J'ai tout le temps de monter…
De toute façon je n'ai pas la clé…
Des marches à pied
… Des marches à pieds…
De ces sensations retrouvées…
Être en pleine nature…
Et marcher,
Marcher, dur…
Rien que pour le plaisir de pouvoir s'arrêter…
Et puis l'arrêt…
L'immobilité retrouvée…
La tension (de l'effort) soudainement relâchée
… comme un arc débandé…
Savourer cette nature…
Profiter de l'air pur…
— Randa Ali Ahmad
























Printemps Arabe — Arab Spring
Arab Spring — Printemps Arabe.
Valeurs
Tous les jours on est confrontés
À de très dures réalités…
Maintenant tout a changé…
Les valeurs chez les gens…
N'ont plus aucun sens —
Que ce soit en se rebellant,
En se révoltant…
Pour arriver à un meilleur rang ou statut
On se bouscule de plus en plus…
On s'en fout de l'itinéraire…
On saute par dessus tous les calvaires…
L'essentiel c'est d'arriver…
On met tout de côté…
Les principes de conduite
Et de jugements partagés…
Au sein de notre société…
Les valeurs morales…
Selon ce qui est bien ou mal…
Dépasser, dépasser…
Tout le monde pour arriver…
Le reste devient dérisoire…
Fatalité ou hasard ?
Yesmine
Yesmine — un effet étrange, le parfum du jasmin.
Yesmine
Un effet étrange, le parfum du jasmin nous plonge dans un monde de béatitude. Un monde vivant où le jasmin fait partie de tout, nous donnant une sensation de légèreté comme si on marchait sur l'air. Un monde où il n'y a plus de séparation entre nous et les fleurs. Ces fleurs deviennent nous et on devient ces fleurs. Un monde où le temps s'arrête, où il n'y a plus ni passé, ni futur, ni présent… Et où il n'y a plus de mots.
Les mots limitent, comparent et séparent. Les mots sont incapables de décrire cet état d'extase.
































Liens — Ties


















Walk





















What If
Beings
Le Temps des Grenades












Exhibit
Accrochage
Poissons Rouges
État des Roses
In Spite of Everything






























Les Hommes du Café

























































































